Véronique Stone

Traductrice Indépendante anglais > français
Titulaire du DipTransIoLET

Broken mirrors - a theory of autism

back to the previous page

Broken mirrors - a theory of autism

The theories that have been proposed to explain autism can be divided into two groups: anatomical and psychological. Perhaps the most ingenious of the psychological theories is that of Uta Frith of University College London and Simon Baron-Cohen of the University of Cambridge, who posit that the main abnormality in autism is a deficit in the ability to construct a "theory of other minds". Fritz and Baron-Cohen argue that specialized neural circuitry in the brain allows us to create sophisticated hypotheses about the workings of other people's minds. These hypotheses, in turn, enable us to make useful predictions about others' behavior. Frith and Baron-Cohen are obviously on the right track, but their theory does not provide a complete explanation for the constellation of seemingly unrelated symptoms of autism. Indeed, saying that people with autism cannot interact socially because they lack a "theory of other minds" does not go very far beyond restating the symptoms. What researchers need to identify are the brain mechanisms whose known functions match those that are disrupted by autism.

One clue comes from the work of Giacomo Rizzolatti and his colleagues at the University of Parma in Italy, who in the 1990s studied neural activity in the brains of macaque monkeys while the animals were performing goal-directed actions. Researchers have known for decades that certain neurons in the premotor cortex - part of the brain's frontal lobe - are involved in controlling voluntary movements. For instance, one neuron will fire when the monkey reaches for a peanut, another will fire when the animal pulls a lever, and so on. What surprised Rizzolatti and his colleagues was that a subset of the motor command neurons also fired when the monkey watched another monkey or the researcher perform the same action. Brain-imaging techniques subsequently showed that these so-called mirror neurons also exist in the corresponding regions of the human cortex. These observations implied that mirror neurons - or, more accurately, the networks they are part of - not only send motor commands but also enable both monkeys and humans to determine the intentions of other individuals by mentally simulating their actions. In monkeys, the role of the neurons may be limited to simple goal-directed actions, but in humans the mirror neuron system may have evolved the ability to interpret more complex intentions.

Later research showed that mirror neurons are located in other parts of the human brain, such as the cingulate and insular cortices, and that they may play a role in empathetic emotional responses. While studying the anterior cingulate cortex of awake human subjects, investigators found that certain neurons that typically fire in response to pain also fired when the person saw someone else in pain. Mirror neurons may also be involved in imitation, an ability that appears to exist in rudimentary form in the great apes but is most pronounced in humans.

By Vilayanur S. Ramachandran and Lindsay M. Oberman Scientific American November 2006 pp.40-1

back to the previous page

retour à la page précédente

Des miroirs brisés – une théorie sur l’autisme

Les théories qui ont été proposées pour expliquer l’autisme peuvent être divisées en deux groupes : anatomiques et psychologiques. Parmi les théories psychologiques, l’une des plus ingénieuses est peut-être celle d’Uta Frith de « University College » de Londres et Simon Baron-Cohen de l’Université de Cambridge, qui posent comme postulat que la principale anomalie dans l’autisme est un déficit de la capacité à construire une ‘théorie des esprits des autres’. Frith(1) et Baron-Cohen soutiennent que des circuits neuronaux spécialisés situés dans le cerveau nous permettent de créer des hypothèses complexes concernant les mécanismes mentaux des autres. Ces hypothèses nous permettent à leur tour de faire des prévisions utiles sur le comportement des autres. Frith et Baron-Cohen sont à l’évidence sur la bonne voie, mais leur théorie n’explique pas complètement l’éventail des symptômes de l’autisme qui semblent n’avoir aucun rapport entre eux. En fait, dire que les personnes qui souffrent d’autisme ne savent pas interagir socialement parce qu’il leur manque une ‘théorie des esprits des autres’ revient pratiquement à reformuler les symptômes de l’autisme. Ce que les chercheurs ont besoin d’identifier, ce sont les mécanismes du cerveau dont les fonctions connues correspondent à celles qui sont altérées par l’autisme.

Un indice nous est donné par les travaux de Giacomo Rizzolatti et de ses collègues à l’Université de Parme en Italie, qui dans les années 1990 étudièrent l’activité neuronale dans le cerveau des singes macaques lorsque ces animaux effectuaient une action spécifique. Les chercheurs savent depuis des décennies que certains neurones dans le cortex prémoteur (qui fait partie du lobe frontal du cerveau) sont impliqués dans le contrôle des mouvements volontaires. Par exemple, un neurone s’active quand le singe tend la main pour saisir une cacahouète, un autre s’active quand le singe tire sur un levier, et ainsi de suite. Ce qui surprit Rizzolatti et ses collègues est le fait qu’un sous-système des neurones moteurs s’activait aussi quand le singe regardait un autre singe ou le chercheur effectuer la même action. Par la suite, les techniques de neuro-imagerie ont montré que ces neurones que l’on appelle neurones miroirs existent aussi dans les régions correspondantes du cortex humain. Ces observations suggèrent que les neurones miroirs – ou plus précisément, le réseau dont ils font partie- n’envoient pas seulement des commandes motrices mais permettent aussi aux singes et aux humains de déterminer les intentions d’autres individus en simulant mentalement leurs actions. Chez les singes, le rôle des neurones miroirs est peut-être limité à de simples actions particulières, mais chez les humains le système des neurones miroirs pourrait avoir développé l’aptitude à interpréter des intentions plus complexes.

Des recherches postérieures ont montré que l’on trouve des neurones miroirs dans d’autres parties du cerveau, telles que le cortex cingulaire et le cortex insulaire, et qu’ils jouent peut-être un rôle dans les réponses émotionnelles qui montrent de l’empathie. En étudiant le cortex cingulaire antérieur de sujets humains éveillés, les chercheurs ont trouvés que certains neurones qui s’activent de manière typique en réponse à la douleur, s’activaient aussi lorsque cette personne voyait quelqu’un d’autre souffrir. Les neurones miroirs pourraient être également impliqués dans l’imitation, une aptitude que semblent posséder les grands singes sous une forme rudimentaire mais qui est plus marquée chez les humains.

Par Vilayanur S. Ramachandran et Lindsay M. Oberman Scientific American Novembre 2006 pp.40-1

(1) Fritz dans le texte original, j’ai pris l’hypothèse qu’il s’agissait d’une faute de frappe

retour à la page précédente